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Lola Huete Machado

Senegal, un pays dans le noir

Por: | 06 de noviembre de 2011

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Recuento de votos en las elecciones presidenciales, en Yoff, barrio de Dakar. / AP.

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Le Senegal n'est pas un pays de grande industrie mais un pays dont une grande partie de l'économie dépend du secteur informel (petits commerces, ateliers de menuiserie, de couture, etc...). Quand en 2000 arrivait Abdoulaye Wade au pouvoir après sa victoire par les urnes sur Abdou Diouf, la majorité des sénégalais qui survivent de ces petits boulots avaient cru voir en lui le messie, celui qui d'un coup de baguette magique allait améliorer leur quotidien, cela d'autant plus que pendant les premiers mois de son accession au pouvoir, il avait comme leitmotiv: " Il faut travailler, beaucoup travailler, toujours travailler, encore travailler!".

Aujourd'hui, onze ans après, il est devenu banal, à travers tout le Senegal, de voir ces commerces à l'arrêt pendant la moitié ou toute la journée et ceux qui ne comptent que sur ces boulots pour ramener à manger à la maison, attendre et se tourner les pouces. Courant amul, courant dafa couper (il n'y a pas d'électricité, il y a  coupure d'électricité) a ainsi remplacé le slogan optimiste de notre cher président et les espoirs de vie meilleure sous Wade se sont assombris.

A la décharge de Wade et de ses gouvernements successifs, il y a toujours eu des coupures d'électricité au Sénégal et cela faisait bien longtemps que la Senelec ( la société qui a le monopole de la distribution de l'électricité au Sénégal) était empêtrée dans ses difficultés liées à une mauvaise gestion. Cependant, c'est sous l'ère Wade qui était prompt à critiquer le parti socialiste quand il était dans l'opposition que les populations restent 24 voire 72h sans électricité et cela depuis bientôt trois ans. Depuis trois ans, au moins une fois par semaine, il est fait état dans la presse locale d'incendies de maisons dues à des bougies allumées pendant une coupure ou à des fusibles ayant pris feu à cause du retour de l'électricité. Et bien sûr des gens meurent dans ces incendies, souvent des enfants...

Depuis trois ans, beaucoup de personnes sont décédées dans les hôpitaux sénégalais, faute d'électricité nécessaire pour l'administration de certains soins. Dans la plupart des quartiers de Dakar la capitale, il est aujourd'hui devenu dangereux de sortir à la tombée de la nuit, ne serait-ce que pour aller à la boutique du coin de rue, parce que l'obscurité est à l'avantage des agresseurs. Sans parler des réfrigérateurs, téléviseurs, ordinateurs et autres gâtés par ces coupures récurrentes et que la Senelec ne remboursera jamais.

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Le bon fonctionnement de l'administration sénégalaise aussi pâtit de ces coupures d'électricité. Ainsi, au mois de Mai, pour le dépôt d'une nouvelle carte d'identité, j'ai dû faire des aller- retours à la police pendant une semaine parce que très souvent, les coupures intervenaient aux heures de bureau et des centaines, des milliers de personnes passaient ainsi leurs journées dans les services administratifs à attendre que l'électricité revienne pour obtenir les documents qu'ils cherchaient. 
C'est donc tout cela, combiné au fait que Wade, son fils ( qui est le ministre de L'Energie entre autres responsabilités gouvernementales) ainsi que le reste du gouvernement ne cessent de parader partout et crier sur tous les toits que le pays ne s'est jamais mieux porté que sous leur règne, que les sénégalais sont sortis dans les rues pour manifester leur ras-le-bol le 27 Juin de cette année causant d'énormes dégâts matériels, des agences de la Senelec saccagées, des mairies pillées et des centaines de manifestants, dont la plupart est toujours en prison, arrêtés. Il aura fallu pour calmer les populations ce jour là faire sortir l'armée dans les rues de Dakar et brandir la menace d'un couvre-feu. Depuis il n'est pas rare que des manifestations  contre les coupures d'électricité aient lieu ça et là dans Dakar où à l'intérieur du pays, que des pneus soient brûlés, des avenues bloquées pendant plusieurs heures, quelques personnes arrêtées...  

Pour faire face à la pression sociale de plus en plus forte donc, Wade et son fils Karim ont mis en place un plan d'urgence et de restructuration du secteur de l'énergie qu'ils ont nommé "Plan Takkal" ( Allume-toi en français) et qui depuis son lancement en Janvier dernier mobilise presque toutes les ressources de l'Etat. Chiffré sur le papier à environ 1 milliards d'euros, il a pour ambition de régler de façon définitive la question énergétique au Sénégal. Soutenu par l’Agence Française de Développement, la Banque Mondiale, la Banque Islamique de Développement, la Banque Ouest Africaine de Développement, le plan a cependant peiné à stabiliser la situation énergétique pendant plusieurs mois. C'est finalement depuis le début du mois d'octobre que la fourniture d'électricité est presque revenue à la normale puisque certaines localités connaissent toujours des coupures d'électricité de 15 ou 20hrs quoiqu'elles ne soient plus aussi régulières que  les mois précédents. 

Aujourd'hui, malgré l'accalmie, la question que se posent tous les sénégalais est "jusqu'à quand y aura t-il encore de l'électricité?" puisque nul ne peut s'empêcher de penser que les prochaines élections présidentielles de Février 2012 nous ont offert ce répit, Wade ne voulant pas traîner ce boulet jusqu'à cette échéance. Les informations relayées par la presse aussi ne sont pas pour apaiser les inquiétudes des sénégalais puisqu'elles nous apprennent que pour parer à la situation d'urgence dans laquelle se trouvait le pays, des groupes électrogènes ont été loués à une société américaine pour un coût mensuel exorbitant et que cela risque d'engloutir une grande partie du budget du Plan Takkal au lieu de servir à la mise en place de nouvelles unités de production et de distribution ainsi qu'à la réhabilitation des infrastructures déjà existantes. Mais c'est connu, depuis 2000, l' Etat du Senegal fait du pilotage à vue et en attendant que les élections passent on profite de l'électricité pour travailler.  

Hay 1 Comentarios

si, Africa no es un pais, africa en la realidad es un mundo multiple de pobreza, miseria y requiza. este es la vision de los paises occidentales sobre Africa. Pero olviden porque Africa es este, y vive en este situacion.
la situacion actual de Africa, es la causa de la colonizacion occidental, especialmente la colonizacion europea, donde han sido explotar la requiza mineral de los paises africanos para construir la civilizacion industrial de europa en las primeras metades del siglo XX,
aunque la mayoria de los paises africanos tienen la independencia, pero en la realidad la mayoria de llos paises africanos estan colonizados del mundo occidental, a partir de los gobiernos confusionados que tienen relaciones directamente con los paises europeos para explotar lo que quida de la requiza africana, desde el oro hasta el petroleo, y todos sabemos este realidad, espacialmente en las slecciones en los paises africanos donde los gobiernos europeos ayudan cualquier partida politico que se puede conversar los interes de los paises europeos aunque este partido era muy fracaso y no tiene ningun capacidad de gestion publico de las instituciones. y no interesa el publico africano que vive en miseria y ignoracion desde Sot Africa hasta el norte, donde se parece las primeras etapas del cambio y luchar contra los dictaduras y corrupcion en los paises arabe, que considera las primeras etapas del cambio en africa.

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Sobre los autores

Lola Huete Machado. Redactora de El País y El País Semanal desde 1993, ha publicado reportajes sobre los cinco continentes. Psicóloga y viajera empedernida, aterrizó en Alemania al caer el muro de Berlín y aún así, fue capaz de regresar a España y contarlo. Compartiendo aquello se hizo periodista. Veinte años lleva. Un buen día miró hacia África, y descubrió que lo ignoraba todo. Por la necesidad de saber fundó este blog. Ahora coordina la sección Planeta Futuro.

Chema Caballero Chema Caballero. Llegó a África en 1992 y desde entonces su vida giró en torno a sus gentes, su color y olor, sus alegrías y angustias, sus esperanzas y ganas de vivir. Fue misionero javeriano y llevó a cabo programas de educación y recuperación de niñ@s soldado en Sierra Leona durante dos décadas, que fueron modelo.

José NaranjoJosé Naranjo. Freelance residente en Dakar desde 2011. Viajó al continente para profundizar en el fenómeno de las migraciones, del que ha escrito dos libros, 'Cayucos' (2006) y 'Los Invisibles de Kolda' (2009), que le llevaron a Marruecos, Malí, Mauritania, Argelia, Gambia, Cabo Verde y Senegal, donde aterrizó finalmente. Le apasiona la energía que desprende África.

Ángeles JuradoÁngeles Jurado. Periodista y escritora. Trabaja en el equipo de comunicación de Casa África desde 2007. Le interesa la cultura, la cooperación, la geopolítica o la mirada femenina del mundo. De África prefiere su literatura, los medios, Internet y los movimientos sociales, pero ante todo ama a Ben Okri, Véronique Tadjo y Boubacar Boris Diop, por citar solo tres plumas imprescindibles.

Chido OnumahChido Onumah. Reputado escritor y periodista nigeriano. Trabaja como tal en su país y en Ghana, Canadá e India. Está involucrado desde hace una década en formar a periodistas en África. Es coordinador del centro panafricano AFRICMIl (en Abuja), enfocado en la educación mediática de los jóvenes. Prepara su doctorado en la Universidad Autónoma de Barcelona. Su último libro se titula 'Time to Reclaim Nigeria'.

Akua DjanieAkua Djanie. Así se hace llamar como escritora. Pero en televisión o en radio es Blakofe. Con más de tres lustros de carrera profesional, Akua es uno de los nombres sonados en los medios de su país. Residente en Reino Unido, fue en 1995, en uno de sus viajes a Ghana, cuando llegó su triunfo televisivo. Hoy vive y trabaja entre ambos países. La puedes encontrar en su página, Blakofe; en la revista New African, en Youtube aquí o aquí...

Beatriz Leal Riesco Beatriz Leal Riesco. Investigadora, docente, crítica y comisaria independiente. Nómada convencida de sus virtudes terapéuticas, desde 2011 es programadora del African Film Festival de NYC. Sissako, Mbembe, Baldwin y Simone la cautivaron, lanzándose a descubrir el arte africano y afroamericano. Su pasión aumenta con los años.

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