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Lola Huete Machado

Femmes d'Afrique

Por: | 09 de junio de 2016

Por Ken Bugul (*)

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En Afrique, la plupart des sociétés traditionnelles était de type matriarcal.  C’est à l’avènement d’invasions étrangères telles que les religions monothéistes, particulièrement l’Islam et le Christianisme, les traites négrières, la colonisation, que le continent connut des bouleversements énormes. L’Afrique surtout subsaharienne, fut dépossédée de ses croyances, vidée des ses ressources humaines, et avec la période coloniale, exploitée de ces ressources naturelles. Ces événements tragiques ont déstabilisé culturellement les africains et déstructuré les sociétés traditionnelles d’une manière violente tant au point de vue au point de vue physique que psychologique. Ces agissements inhumains se faisaient en grande partie sous le couvert de missions civilisatrices et salvatrices.

Dans les sociétés traditionnelles, les femmes étaient le pilier de la famille et la dynamique de la vie socioéconomique. Elles avaient en charge l’éducation, l’alimentation, l’habillement, la transmission des valeurs socio culturelles. Elles furent aussi reines influentes, résistantes farouches à l'esclavage et à la présence coloniale et redoutables guerrières. La femme était impliquée dans toutes les prises de décision touchant à la communauté en général et la famille en particulier. 

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Dans l’Afrique déstabilisée et déstructurée par les différentes invasions occidentales et orientales, la femme devint un personnage de second plan. Pourtant des mouvements de résistance aux invasions, jusqu’aux luttes pour les indépendances, elles ont joué un rôle majeur, mais l’histoire écrite par les vainqueurs, n’en a pas fat mention et les vaincus n’ont pas parle de ces héroïnes comme il se devait. 

De nos jours, avec l’accès à l’instruction, le développement des moyens de communication, l’échec des politiques, les femmes reprennent peu à peu leur place. Dans les années soixante quinze avec la déclaration de l’année internationale de la femme, la conférence de Mexico, et plus tard celle de Beijing, ou la forte présence des femmes africaines fut remarquée, le développement des associations féminines et féministes, la lutte pour les droits des femmes, leur apportèrent les ouvertures et les opportunités nécessaires à leur rapide émancipation socio économique qui était leur priorité. Ce qui ne fut pas le cas des femmes d’autres pays dont les objectifs d’émancipation étaient différents.

Cependant le phénomène le plus important qui permit aux femmes de retrouver leur place dans la société, fut économique. Dans les années quatre vingt, des problèmes socio économiques dus à la mauvaise gestion mirent beaucoup d’états a genoux, vingt ans seulement après leur indépendance. Des programmes d’ajustement structurels meurtriers, furent ainsi imposes par le FMI et la Banque Mondiale a l’Afrique. Les hommes ‘’cravates’’ qui occupaient la plupart des emplois furent mis sur la touche avec les licenciements massifs et les départs volontaires catastrophiques. Les femmes retrouvèrent instinctivement leur rôle traditionnel de nourricières et de garantes des valeurs essentielles. Dans les bureaux, les marchés, les champs, dans le commerce, dans l’émigration, les femmes relevèrent les défis par leur engagement et leur détermination en assurant la survie.

L’indépendance économique permit à beaucoup de femmes de redevenir ce quelles étaient dans les sociétés traditionnelles. Avec l’instruction, l’évolution des mentalités, le développement des moyens de communication, les acquis des luttes pour l’accès au crédit, l’accès à la propriété, le respect de leurs droits fondamentaux, les femmes africaines, à quelque niveau que ce soit, sont la dynamique socio économique du continent africain. Dans les pays du Golfe de Guinée les femmes commerçantes appelées Nana Benz au Ghana, Mama Benz au Togo, les Alaja au Bénin, détiennent une grande part du négoce international dans ces pays là. Les femmes sont dans le syndicalisme, dans la politique. Avec les efforts de sensibilisation sur la maîtrise de leur fécondité, sur l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail aussi bien en milieu urbain que rural. Elles prennent de plus en plus conscience du rôle qu’elles ont à jouer dans le développement socio économique de leurs pays. 

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Il reste beaucoup à faire au niveau de l’instruction qui est l’arme essentielle contre l’ignorance, l’exploitation et les pratiques dégradantes comme les mariages précoces, les mutilations génitales qui subsistent encore malgré le combat des femmes elles mêmes et toutes les dispositions légales prises par la plupart des états.

Beaucoup d’obstacles inconsciemment sexistes souvent demeurent qui empêchent les femmes d’accéder pleinement aux organes dirigeants et aux organes de décision. Elles sont souvent manipulées et utilisées par les politiciens pour la mobilisation de l’électorat en tant que mères, filles, épouses, sœurs et de leur influence dans la communauté. Au niveau de la créativité et de la création, l’artisanat a toujours été une activité des femmes. Aujourd’hui elles sont aussi bien dans les arts plastiques, la création littéraire, le cinéma, le théâtre. Il y a beaucoup de femmes écrivains, plasticiennes, cinéastes. Dans la musique les femmes sont les ambassadrices du continent. Elles revalorisent les musiques traditionnelles en les adaptant aux instruments contemporains. Beaucoup d’entre elles sont connues et reconnues mondialement. Il y a des femmes chefs d’états, des femmes premières ministres, ministres des affaires étrangères, ministres de l’économie et des finances, etc. Elles sont présentes dans tous les corps de métiers, bien que la parité ne soit pas encore atteinte ! 

Mais la lutte continue !

Pendant ce temps, en Occident et ailleurs, les images sur l’Afrique subsaharienne et notamment sur les femmes africaines sont encore toujours réductrices. Il n y a que des images négatives, des images de guerre et de réfugiés, des images de famine et de maladie, d'immigration clandestine, des images dégradantes qui ne reflètent pas toute la réalité au quotidien. Et cette mauvaise image de l’Afrique suscite par ci par la, mépris pour les uns, paternalisme pour les autres, pitié pour certains, compassion pour d’autres, et aussi racisme. 

L’espoir est pourtant la ! Malgré l’exploitation de ses ressources par les grandes puissances étrangères et la mainmise des multinationales sur son économie, l’Afrique possède encore des ressources importantes et de première nécessite dans son sous sol. Ces richesses ne profitent pas aux populations et tous les conflits connus sur le continent ne se passent que dans les pays ou il y a ces richesses tant convoitées. Les rapports de force vont inéluctablement changer. Les dirigeants du futur sont en train de se former avec la montée et la puissance des mouvements citoyens, ou les femmes africaines sont nombreuses et s‘impliquent. Les femmes se battent pour une meilleure justice sociale, pour plus de vraie démocratie, pour un meilleur équilibre dans le partage du pouvoir. Et comme on dit, les chiens aboient, la caravane passe, car pendant que les autres sont dans les stéréotypes, les cliches et les images d’archives, les femmes africaines bousculent les préjugés et font avancer l’Afrique et cela fait présager d'un futur meilleur. En attendant, des champs aux portes du pouvoir politique, les femmes africaines assurent la vie et la survie et leur rôle important commence à être reconnu, mais reste à être valorisé et capitalisé. 

Il est à noter que les sociétés africaines subissent aussi les effets les mutations que connaissent les sociétés contemporaines, comme partout ailleurs. Il y a beaucoup de divorces, il y a de plus en plus de mères célibataires qui s’assument, de plus en plus de mères chefs de famille responsables. Les femmes se marient de plus en plus tard privilégiant leur carrière et leur émancipation aussi bien économique qu’individuelle. 

Et à chaque défi que l'humanité se lance, une femme s'y implique avec détermination et la femme africaine n'est pas du reste. Ainsi, malgré tous ‘’les malgrés’’, l’Afrique bouge et ce sont les femmes africaines qui la font bouger !

(*) Ken Bugul, «la que nadie quiere», es el seudónimo de Mariètou Mbaye Biléoma, novelista senegalesa autora de obras como El baobab que enloqueció, en las que usando la autobiografía explora los dilemas de las mujeres en la diáspora senegalesa y la herencia colonial. Prolífica y muy respetada, es considerada una de las grandes escritoras africanas clásicas y contemporáneas.  

Hay 1 Comentarios

¿Va a haber una traducción al español?

Por mi corto francés, un artículo magnífico.

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Sobre los autores

Lola Huete Machado. Redactora de El País y El País Semanal desde 1993, ha publicado reportajes sobre los cinco continentes. Psicóloga y viajera empedernida, aterrizó en Alemania al caer el muro de Berlín y aún así, fue capaz de regresar a España y contarlo. Compartiendo aquello se hizo periodista. Veinte años lleva. Un buen día miró hacia África, y descubrió que lo ignoraba todo. Por la necesidad de saber fundó este blog. Ahora coordina la sección Planeta Futuro.

Chema Caballero Chema Caballero. Llegó a África en 1992 y desde entonces su vida giró en torno a sus gentes, su color y olor, sus alegrías y angustias, sus esperanzas y ganas de vivir. Fue misionero javeriano y llevó a cabo programas de educación y recuperación de niñ@s soldado en Sierra Leona durante dos décadas, que fueron modelo.

José NaranjoJosé Naranjo. Freelance residente en Dakar desde 2011. Viajó al continente para profundizar en el fenómeno de las migraciones, del que ha escrito dos libros, 'Cayucos' (2006) y 'Los Invisibles de Kolda' (2009), que le llevaron a Marruecos, Malí, Mauritania, Argelia, Gambia, Cabo Verde y Senegal, donde aterrizó finalmente. Le apasiona la energía que desprende África.

Ángeles JuradoÁngeles Jurado. Periodista y escritora. Trabaja en el equipo de comunicación de Casa África desde 2007. Le interesa la cultura, la cooperación, la geopolítica o la mirada femenina del mundo. De África prefiere su literatura, los medios, Internet y los movimientos sociales, pero ante todo ama a Ben Okri, Véronique Tadjo y Boubacar Boris Diop, por citar solo tres plumas imprescindibles.

Chido OnumahChido Onumah. Reputado escritor y periodista nigeriano. Trabaja como tal en su país y en Ghana, Canadá e India. Está involucrado desde hace una década en formar a periodistas en África. Es coordinador del centro panafricano AFRICMIl (en Abuja), enfocado en la educación mediática de los jóvenes. Prepara su doctorado en la Universidad Autónoma de Barcelona. Su último libro se titula 'Time to Reclaim Nigeria'.

Akua DjanieAkua Djanie. Así se hace llamar como escritora. Pero en televisión o en radio es Blakofe. Con más de tres lustros de carrera profesional, Akua es uno de los nombres sonados en los medios de su país. Residente en Reino Unido, fue en 1995, en uno de sus viajes a Ghana, cuando llegó su triunfo televisivo. Hoy vive y trabaja entre ambos países. La puedes encontrar en su página, Blakofe; en la revista New African, en Youtube aquí o aquí...

Beatriz Leal Riesco Beatriz Leal Riesco. Investigadora, docente, crítica y comisaria independiente. Nómada convencida de sus virtudes terapéuticas, desde 2011 es programadora del African Film Festival de NYC. Sissako, Mbembe, Baldwin y Simone la cautivaron, lanzándose a descubrir el arte africano y afroamericano. Su pasión aumenta con los años.

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