Cembrero

La TGV marocain, une amère expérience pour l’Espagne et l’Allemagne

Por: | 29 de septiembre de 2011

La première pierre de ce futur TGV marocain, que placent ce jeudi à Tanger le roi Mohamed VI et le président Nicolas Sarkozy, est sans doute une bonne nouvelle pour le Maroc, mais pour son voisin espagnol et ses grandes entreprises le projet à des connotations un peu amères.

Au début du XXI ème siècle, un pays qui aspire à établir une relation très étroite avec l’Union Européenne peut octroyer, à un autre pays, membre fondateur de l’UE, de gros contrats au grès à grès sans passer par un appel d’offres international. C’est exactement ce que vient de faire la Maroc avec la France.

En novembre 2007 Mohamed VI invita à Sarkozy, qui était son hôte à Marrakech, et les entreprises françaises du secteur à présenter leur offre pour la construction du premier train à haute vitesse arabe. Il reliera, à partir de 2015, les deux principaux pôles économiques du Maroc, Casablanca et Tanger, en un peu plus de deux heures. Coût du projet : 33 millards de dirhams (trois millards d’euros).

Il n’y a donc pas eu d’appel d’offre auquel auraient pu concourir les entreprises d’autres pays qui possèdent, comme l’Espagne, une technologie en matière haute vitesse ferroviaire. L’Espagne a aujourd’hui le plus vaste réseau de TGV au monde (2.230 kilomètres).

En Arabie Saoudite, une autre monarchie bien plus conservatrice que le Maroc, un consortium dirigé par les sociétés publiques espagnoles ADIF et Renfe, rivalise avec les français de la SNCF-Alstom pout décrocher le contrat du train à haute vitesse qui reliera les villes saintes de Medina et La Mecque. Il est même probable que les espagnols battent les français au poteau!

Au Maroc la France a tout raflé et l’Allemagne s’est fâchée. Paris avait demandé à la Banque Européenne d’Investissement de financer, à hauteur de 400 millions d’euros, le train marocain, mais Berlin y a mis le veto en novembre 2010. La raison invoquée: les contrats marocains n’étaient pas transparents. L’allemande Siemens était d’avance exclue.

Les sociétés espagnoles, comme ADIF ou Renfe, furent aussi écartées d’avance mais le gouvernement espagnol ne s’en offusqua pas. Magdalena Álvarez, vice-présidente espagnole de la BEI, reçut même des instructions de Madrid et elle vota en faveur de la demande française de crédit au sein du Conseil d’Administration de la banque. Malgré cela le conseil rejétta, par 52% des voix, la proposition française.

La manière de procéder marocaine est d’autant plus étonnante qu’aux yeux de certains experts en matière de transports, le TGV marocain, qui commence à être construit à partir de Tanger, n’aura vraiment de sens que le jour ou entrera en fonctionnement le fameux tunnel du Déroit de Gibraltar qui mettra à un jet de pierre du Maroc des grandes vielles espagnoles comme Séville et même Madrid. Le projet est dans l’impasse à cause des difficultés techniques, bien plus grandes que celles du Canal de la Manche, et de son coût faramineux.


L’expérience du TGV marocain est certes amère pour le secteur ferroviaire espagnol mais elle l’est aussi d’un point de vue politique. Les efforts déployés par les différents gouvernements socialistes espagnols depuis 2004 pour renforcer les liens avec le Maroc n’ont pas été payés de retour. La France est toujours pour le Maroc un partenaire incontournable, celui pour qui Rabat est prêt à faire fi des bonnes pratiques commerciales.

En 2005, celui qui était alors ministre espagnol des Affaires Étrangères, Miguel Ángel Moratinos, avait pronostiqué dans dans vingt ans, en 2025, l’Espagne aurait remplacé la France comme premier partenaire politique et économique du Maroc. Du train ou vont les choses cela ne risque pas d’être le cas.

Hay 1 Comentarios

M. Ignacio Cembrero Le Maroc n'est pas un gâteau à diviser entre vous! C'est impoli de parler ainsi...Votre article est plein de fausses infos, en effet, le cout du projet c'est 1,9 milliards d'euros (dont 1 est financé par la France :-) ) et non 3...la France est le N° 1 mondial du TGV...l'Espagne c'est Zara et le Barça Elle n'est pas faite pour ça , donner un tel projet à l'Espagne c'est un grand risque pour nous, mieux le faire nous même dans ce cas la :-) Et Pour info, Le Maroc depuis un certain temps n'offre plus de cadeaux...surtout pour ceux qui n’arrêtent pas de toucher à ses intérêts! Est ce difficile à comprendre?!!

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Sobre el autor

es un veterano periodista español cuya carrera oscila entre Europa y sus vecinos norteafricanos, pero que decepcionado y aburrido por el inmovilismo del Viejo Continente, mira cada vez más hacia el sur

Un vétéran journaliste espagnol dont la trajectoire oscille entre l’Europe et ses voisins d’Afrique du Nord, mais qui, déçu et ennuyé par l’immobilisme du Vieux Continent, regarde chaque jour un peu plus vers le sud.

A veteran Spanish journalist whose career swings from Europe to its North African neighbors, but who is disappointed and bored by the immobility of the Old Continent and increasingly looks to the south.

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