Cembrero

Quand le leader de la droite espagnole embrasse des femmes portant le hijab

Por: | 13 de noviembre de 2011

 

RajoyBesa

La photo a été prise, le mardi 8 novembre, dans un grand hôtel de Melilla, une ville espagnole de 73.000 habitants sur la cote d’Afrique du Nord que revendique le Maroc. On y voit Mariano Rajoy, leader du Parti Populaire (droite conservatrice), embrasser quelques femmes musulmanes qui portent le hijab (foulard qui recouvre la tête). Elle a été distribuée par l’agence de presse EFE.

Rajoy est certes en campagne électorale et il court après toutes les voix. Les espagnols musulmans de Melilla, qui représentent près de la moitié de la population de la ville, s’alignent majoritairement sur CPM, une formation locale dont la direction est musulmane, mails il ne présente pas de candidat aux législatives du 20 novembre. Rajoy espère sans doute qu’une partie d’entre eux se rangera du coté du Parti Populaire.

Malgré son coté électoraliste j’aime bien cette photo de Rajoy collant ses lèvres sur les joues des femmes musulmanes. Je l’apprécie particulièrement au moment ou dans d’autres coins d’Espagne, comme à Onda (Castellon), 400 extrémistes de droite faisaient campagne, samedi dernier, aux cris de « Stop à l’invasion islamiste !», «qu’ils s’en aillent ! ». Heureusement ils n’ont aucune chance d’être élus.

Je l’apprécie encore plus quand des hommes politiques de poids, comme Josep Antoni Duran I Lleida, chef de file des nationalistes catalans de CiU au Congrès des Députés, s’inquiète publiquement de ce que dans les maternités de Catalogne il y nait davantage d’enfants se prénommant Mohamed que Jordi ou José, des noms bien de chez nous. Et il ajoute, pour justifier son inquiétude, que “l’islam est une culture différente”, sous entendu qui ne partage pas nos valeurs. Lui, il va être élu et il présidera même un groupe parlementaire au Congrès.

Faut-il rappeler que c’est à Salt, une grosse bourgade du nord de la Catalogne, que la municipalité gouvernée par CiU, a carrément interdit la construction de lieux de cultes pendant un an, c'est-à-dire, dans la pratique, de mosquées ? Dans d’autre villes espagnoles les obstacles administratifs empêchent les musulmans, et du coup aussi d’autres religions minoritaires, d’inaugurer de nouveaux lieux de culte ou même de garder ouverts ceux qui le sont déjà. C’est pour cela, pour revendiquer une véritable liberté de culte, que 6.000 protestants sont descendus dans la rue à Barcelone, le samedi 5 novembre. Les musulmans (1,2 millions en Espagne) n’en ont pas fait autant car ils sont désunis, bien moins organisés que les protestants.

J’ai bien aimé cette photo prise à Melilla au moment ou les islamistes sont en hausse au Sud de la Méditerranée et que le hijab redevient un sujet de polémique surtout en Tunisie ou les « barbus » d’Ennahda viennent de gagner haut la main les premières élections démocratiques. À Melilla le hijab ne pose guère de problème.

Melilla est sans doute une ville pleine de défauts, mais il est inimaginable que la direction d’un lycée public expulse, comme c’est arrivé à Madrid ou à Burgos, une élève qui porte le hijab. Et le hijab que portent ces femmes de Melilla ne les empêche pas de suivre les us et coutumes d’une Espagne ou les personnes de sexe opposé qui se rencontrent s’embrassent habituellement sur la joue pour peu qu’elles sympathisent un peu. C’est cela vivre ensemble en harmonie !

Hay 3 Comentarios

iro a la mierdA hijos de puta

iro a la mierda todos

Por qué no sois neutrales? Basta ya de manipularnos, estais empeñados/as en que se vote al PSOE, pero ha sido tan desastroso que es imprescindible un cambio. ¿Para vosotros no ha sido desastroso?¿?!!!!!
Basta ya de clientelismo. Dejaz que la gente vote sin manipulación.

Los comentarios de esta entrada están cerrados.

Sobre el autor

es un veterano periodista español cuya carrera oscila entre Europa y sus vecinos norteafricanos, pero que decepcionado y aburrido por el inmovilismo del Viejo Continente, mira cada vez más hacia el sur

Un vétéran journaliste espagnol dont la trajectoire oscille entre l’Europe et ses voisins d’Afrique du Nord, mais qui, déçu et ennuyé par l’immobilisme du Vieux Continent, regarde chaque jour un peu plus vers le sud.

A veteran Spanish journalist whose career swings from Europe to its North African neighbors, but who is disappointed and bored by the immobility of the Old Continent and increasingly looks to the south.

Eskup

El País

EDICIONES EL PAIS, S.L. - Miguel Yuste 40 – 28037 – Madrid [España] | Aviso Legal