Cembrero

En défense de Taysir Alouny

Por: | 29 de febrero de 2012

Le journaliste Taysir Alouny a été condamné, en septembre 2005, par l’Audience Nationale, la plus haute instance pénale espagnole. Arrêté en 2003, il a écopé deux ans plus tard de sept ans de prison pour collaboration avec une organisation terroriste, en l’occurrence Al Qaida. Alouny resta peu de temps de prison. Pour des raisons de santé il fut autorisé, à partir d’octobre 2006, à purger sa peine chez lui, à Grenade, où il habite toujours avec sa femme et ses enfants. Taysir Alouny

   Alouny, qui a maintenant 56 ans, est d’origine syrienne. Il s’est installé en 1985 en Espagne dont il a acquis la nationalité trois ans plus tard. Il  est devenu rapidement l’un des plus célèbres journalistes arabes. Correspondant à Kaboul, pendant quelques années, de la chaîne qatarie Al Jazeera, il interviewa Osama Bin Laden après les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Il couvrit par la suite l’intervention militaire occidentale en Afghanistan. Le siège d'Al Jazeera à Kaboul fut d'ailleurs bombardé.

   Alouny fut condamné contre l’avis de Joaquín Jiménez, l’un des magistrats du tribunal qui le jugea. Dans un addendum celui-ci expliqua que le « verdict de l’Audience Nationale regorgeait d’affirmations et manquait de démonstrations ».

   La condamnation d’Alouny suscita un grand émoi dans le monde arabe.  Quand ils apprenaient que j’étais espagnol les chauffeurs de taxis el les serveurs de café de Casablanca ou de Tunis m’interpellaient  sur les raisons de son emprisonnement. L’émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, s’en émut lui aussi. Il demanda des explications a Baltasar Garzón, le juge instructeur, qui fit une visite dans l’émirat, et il s’en plaignit également à l’ambassadeur d’Espagne à Doha.

   Alouny ne s’avoua pas vaincu. Avec son avocat, José Luis Galán, il fit appel au Tribunal Européen des Droits de l’Homme. Celui-ci rendit son arrêt le 17 janvier à Strasbourg. Il considère que « l’impartialité du tribunal » qui jugea le journaliste « suscite des doutes » car l’un de ses membres figurait parmi les magistrats qui donna l’ordre de l’écrouer avant de le juger.

   Le Tribunal de Strasbourg condamna donc l’État espagnol à verser à Alouny une indemnisation de 10.000 euros auxquels s’ajoutent 6.000 euros pour lui rembourser les frais de justice.

   J’ai devant moi la version numérique de plusieurs journaux espagnols de l’époque (de 2003 à 2006). Certains y ont consacré pas moins de deux douzaines d’articles à l’affaire Alouny. Elle fait parfois le titre du « papier » mais,  dans d’autres cas, elle n’occupe que deux ou trois paragraphes à l’intéreieur. L’Espagne était alors particulièrement sensible au terrorisme après les attentats du 11 mars 2004 à Madrid qui firent 191 morts. De là la place de choix à laquelle il a eu droit dans la presse.

   Mais le mois dernier, quand le tribunal de Strasbourg a émis son verdict favorable à Alouny, il n’y a eu qu’une dépêche de l’agence de presse privée Europa Press, dont presque personne ne s’est fait écho, et un entrefilet dans l’un des quotidiens de Madrid. Quelle honte pour la profession journalistique ! Depuis ce blog je présente mes excuses à Taysir.

 

 

Hay 1 Comentarios

La pena es que, según me parece recordar, cuando Taysir fue condenado, los grandes diarios no criticaron demasiado la sentencia de Garzón, al que por cierto no mencionas y que fue quien dictó el auto de procesamiento contra él, entre otras personas. O sea, que la hachouma de la que hablas, la de la profesión periodística con respecto al caso de Taysir, tiene ya unos años. Y no tiene remedio.

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Sobre el autor

es un veterano periodista español cuya carrera oscila entre Europa y sus vecinos norteafricanos, pero que decepcionado y aburrido por el inmovilismo del Viejo Continente, mira cada vez más hacia el sur

Un vétéran journaliste espagnol dont la trajectoire oscille entre l’Europe et ses voisins d’Afrique du Nord, mais qui, déçu et ennuyé par l’immobilisme du Vieux Continent, regarde chaque jour un peu plus vers le sud.

A veteran Spanish journalist whose career swings from Europe to its North African neighbors, but who is disappointed and bored by the immobility of the Old Continent and increasingly looks to the south.

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